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L'employeur doit-il informer le salarié du traitement de ses horaires en télétravail ?

Réponse courte

L'employeur doit obligatoirement informer le salarié du traitement de ses horaires en télétravail dès la mise en place de ce mode d'organisation, conformément à l'article L.261-1 du Code du travail et au RGPD.

Cette information doit être formalisée par écrit (contrat, avenant, charte ou politique interne) et porter sur les méthodes de suivi, les outils utilisés, la finalité du traitement, la durée de conservation des données et les droits du salarié.

Elle doit être remise avant le début du télétravail, avec traçabilité (accusé de réception ou signature). Préalablement, le comité mixte ou la délégation du personnel est informé du dispositif de surveillance envisagé.

Toute modification ultérieure des modalités de traitement doit faire l'objet d'une information préalable et explicite auprès du salarié concerné. À défaut, les preuves issues du dispositif peuvent être déclarées inopposables.

Définition

Le traitement des horaires en télétravail désigne l'ensemble des modalités de suivi, d'enregistrement, de contrôle et de gestion des temps de travail effectués par le salarié à distance, en dehors des locaux de l'entreprise. Cette notion inclut la collecte, la conservation et l'utilisation des données relatives aux heures de début et de fin de travail, aux pauses, ainsi qu'aux éventuelles heures supplémentaires réalisées dans le cadre du télétravail.

Le traitement des horaires implique également l'utilisation d'outils numériques ou de procédures spécifiques permettant à l'employeur de s'assurer du respect de la durée légale ou contractuelle du travail, tout en garantissant la protection des données personnelles du salarié au sens du RGPD et de la loi du 1er août 2018.

Questions fréquentes

Faut-il obtenir l'accusé de réception du salarié ?
Oui, recommandé. Il est conseillé de recueillir un accusé de réception ou une signature du salarié attestant qu'il a bien pris connaissance des modalités de traitement de ses horaires. La traçabilité conditionne la sécurité juridique en cas de contentieux.
L'article 22 du RGPD s'applique-t-il aux dispositifs automatisés ?
Oui. Toute décision fondée exclusivement sur un traitement automatisé doit pouvoir faire l'objet d'une intervention humaine selon l'article 22 du RGPD. Les outils de suivi doivent respecter la vie privée et garantir l'intervention humaine sur les décisions automatisées.
L'employeur doit-il informer le salarié du traitement de ses horaires en télétravail ?
Oui. L'employeur doit obligatoirement informer le salarié dès la mise en place du télétravail, conformément à l'article L.261-1 du Code du travail et au RGPD. L'information doit être formalisée par écrit (contrat, avenant, charte ou politique interne) avec traçabilité.
La délégation du personnel doit-elle être informée ?
Oui. Préalablement, le comité mixte ou la délégation du personnel est informé du dispositif de surveillance envisagé selon l'article L.261-1 §2. La délégation peut demander l'avis de la CNPD dans les 15 jours suivant l'information préalable, avec effet suspensif.
Que se passe-t-il en cas d'absence d'information préalable ?
L'absence d'information préalable peut entraîner l'inopposabilité des preuves issues du dispositif et exposer l'employeur à des sanctions, notamment en matière de protection des données. Toute modification ultérieure doit également faire l'objet d'une information préalable explicite au salarié.
Quel contenu doit comporter l'information préalable ?
L'information doit porter sur les méthodes de suivi, les outils utilisés, la finalité du traitement, la durée de conservation des données et les droits du salarié (accès, rectification, opposition, réclamation CNPD). Elle doit être remise avant le début effectif du télétravail.

Conditions d’exercice

Les conditions d'information du salarié sur le traitement de ses horaires en télétravail sont synthétisées ci-dessous :

Condition Portée Base légale
Obligation d'information préalable Dès la mise en place du télétravail Art. L.261-1 (2)
Information de la délégation Comité mixte ou délégation du personnel informé en amont Art. L.261-1 (2)
Avis CNPD possible Demande d'avis dans les 15 jours suivant l'information Art. L.261-1 (4)
Convention du 20 octobre 2020 Transparence sur les modalités de contrôle et suivi RGD du 22 janvier 2021
Finalité du traitement Justification précise et limitée à la finalité déclarée Art. L.261-1 (2)
Durée de conservation Limitée et communiquée au salarié Art. L.261-1 (2)
Droits du salarié Accès, rectification, opposition, réclamation CNPD Art. L.261-1 (5) + RGPD
Égalité de traitement Salariés en télétravail traités comme ceux sur site Art. L.414-2 (3)

Modalités pratiques

Les modalités pratiques d'information sur le traitement des horaires en télétravail sont résumées ci-dessous :

Aspect Règle pratique
Support écrit Contrat, avenant, charte ou politique interne
Contenu détaillé Méthodes de suivi (pointage, auto-déclaration), plages de disponibilité
Dépassements Procédures de déclaration des heures supplémentaires
Outils numériques Nature, fonctionnement, mesures de sécurité, durée de conservation
Délai de saisie CNPD 15 jours suivant l'information préalable (effet suspensif)
Modification Information préalable et explicite avant toute modification
Traçabilité Accusé de réception ou signature du salarié
Registre du temps de travail Inscription des heures sur registre spécial ou fichier (Art. L.211-29)

Pratiques et recommandations

Il est recommandé à l'employeur de privilégier une information claire, détaillée et accessible, afin de prévenir tout litige relatif au temps de travail. L'information doit être remise au salarié avant le début effectif du télétravail et actualisée en cas de changement des modalités.

Il est conseillé de recueillir un accusé de réception ou une signature du salarié attestant qu'il a bien pris connaissance des modalités de traitement de ses horaires.

L'employeur doit veiller à ce que les outils de suivi respectent la vie privée du salarié et ne portent pas atteinte à ses droits fondamentaux. Conformément à l'article 22 du RGPD, toute décision fondée exclusivement sur un traitement automatisé doit pouvoir faire l'objet d'une intervention humaine.

Toute collecte de données doit être proportionnée à la finalité poursuivie et limitée au strict nécessaire pour le contrôle du temps de travail. Il est également opportun de soumettre le projet de surveillance à l'avis de la CNPD en cas de doute sur sa conformité.

Cadre juridique

Référence Objet
Article L.261-1 du Code du travail Traitement de données à caractère personnel à des fins de surveillance — information préalable, finalité, modalités, conservation
Article L.211-29 du Code du travail Obligation de tenir un registre spécial du temps de travail journalier
Article L.414-2 (3) du Code du travail Veille de la délégation au respect de l'égalité de traitement
Article L.414-3 du Code du travail Information et consultation de la délégation sur les questions relatives au temps de travail
Convention du 20 octobre 2020 Régime juridique du télétravail (RGD du 22 janvier 2021, en vigueur le 2 février 2021)
RGPD (UE) 2016/679 et loi du 1er août 2018 Protection des données personnelles, droits du salarié, encadrement des décisions automatisées (art. 22 RGPD)

Note

L'absence d'information préalable du salarié sur le traitement de ses horaires en télétravail peut entraîner l'inopposabilité des preuves issues du dispositif et exposer l'employeur à des sanctions, notamment en matière de protection des données. Il est essentiel de documenter la remise de l'information et de garantir une intervention humaine sur les dispositifs automatisés conformément au RGPD.

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