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Le salarié a-t-il droit à un horaire aménagé en cas de retour progressif après maladie ?

Réponse courte

Le salarié n'a pas un droit subjectif à un horaire aménagé après une maladie. Le dispositif spécifique est la Reprise Progressive du Travail pour Raisons Thérapeutiques (RPTRT), régie par l'article 14bis du Code de la sécurité sociale (loi du 10 août 2018).

L'initiative appartient exclusivement au salarié, qui adresse à la CNS une demande accompagnée d'un certificat de son médecin traitant. Trois conditions cumulatives sont requises : incapacité d'au moins 1 mois sur les 3 mois précédents, accord écrit de l'employeur et décision favorable de la CNS sur avis motivé du Contrôle médical de la sécurité sociale (CMSS).

Pendant la RPTRT, le salarié est juridiquement considéré comme en incapacité totale et perçoit 100 % de l'indemnité pécuniaire de maladie de la CNS, y compris pour les heures travaillées. La reprise ne peut débuter qu'après réception de l'accord écrit de la CNS.

L'employeur ne peut ni proposer ni imposer la RPTRT. Un refus relève de son pouvoir d'organisation, mais ne peut être discriminatoire ou abusif.

Définition

La Reprise Progressive du Travail pour Raisons Thérapeutiques (RPTRT) est un dispositif d'assurance maladie permettant à un salarié en incapacité de travail prolongée de reprendre progressivement son activité avec un horaire réduit, lorsque cette reprise est reconnue comme favorisant l'amélioration de son état de santé.

Mise en place par la loi du 10 août 2018 (entrée en vigueur le 1er janvier 2019), la RPTRT a remplacé l'ancien « mi-temps thérapeutique » et offre une plus grande flexibilité quant au taux de reprise (qui n'est plus plafonné à 50 %).

Pendant toute la durée de la RPTRT, le contrat de travail reste suspendu : le salarié conserve son statut d'incapacité de travail totale et bénéficie de la protection contre le licenciement prévue à l'article L.121-6 du Code du travail. À ne pas confondre avec une modification contractuelle vers un temps partiel (Art. L.121-7), qui suppose un avenant signé et entraîne la fin de l'incapacité.

Questions fréquentes

L'employeur peut-il refuser une RPTRT ?
Oui, l'accord écrit de l'employeur est indispensable. Un refus relève de son pouvoir d'organisation, mais ne peut être discriminatoire ou abusif. La discrimination fondée sur le handicap est interdite (article L.251-1 du Code du travail). La motivation du refus doit être objective.
Le contrat de travail est-il suspendu pendant la RPTRT ?
Oui, pendant toute la durée de la RPTRT, le contrat reste suspendu : le salarié conserve son statut d'incapacité de travail totale et bénéficie de la protection contre le licenciement de l'article L.121-6 du Code du travail. Il perçoit 100 % de l'indemnité pécuniaire CNS.
Le salarié a-t-il droit à un horaire aménagé après une maladie ?
Non, le salarié n'a pas un droit subjectif à un horaire aménagé après maladie. Le dispositif spécifique est la RPTRT, régie par l'article 14bis du Code de la sécurité sociale. L'accord écrit de l'employeur et la décision favorable de la CNS sont requis.
Quel taux de reprise est possible en RPTRT ?
La RPTRT offre une grande flexibilité : aucun taux fixe n'est imposé, contrairement à l'ancien mi-temps thérapeutique plafonné à 50 %. La CNS décide sur avis motivé du CMSS. La reprise ne peut débuter qu'après réception de l'accord écrit de la CNS.
Quelle protection contre le licenciement pendant une RPTRT ?
Le salarié bénéficie de la protection contre le licenciement prévue à l'article L.121-6 du Code du travail. Cette protection s'applique tant que le salarié reste statutairement en incapacité de travail. Tout licenciement pendant cette période est nul de plein droit.
Qui prend l'initiative d'une RPTRT ?
L'initiative appartient exclusivement au salarié, qui adresse à la CNS une demande accompagnée d'un certificat médical de son médecin traitant. L'employeur ne peut ni proposer ni imposer la RPTRT. Il peut seulement accorder ou refuser son accord écrit sur les modalités.

Conditions d’exercice

L'octroi de la RPTRT repose sur un accord tripartite (salarié, employeur, CNS) et sur des conditions cumulatives strictes.

Critère Exigence Base légale
Initiative Demande du salarié uniquement Art. 14bis CSS
Incapacité préalable ≥ 1 mois sur les 3 mois précédents Art. 14bis CSS
Certificat médical Du médecin traitant, attestant l'effet bénéfique Art. 14bis CSS
Accord employeur Écrit, sur le principe et les modalités Art. 14bis CSS
Décision CNS Préalable, sur avis motivé du CMSS Art. 14bis CSS
Plafond global 78 semaines / 104 semaines de référence Art. 14 CSS
Non-discrimination Interdiction de discrimination fondée sur le handicap Art. L.251-1 C. trav.
Médecin du travail Ne peut vérifier le bien-fondé du congé maladie Art. L.325-2 C. trav.

Modalités pratiques

La procédure de RPTRT suit une séquence formalisée et ne peut débuter qu'après accord écrit de la CNS.

Étape Action Acteur
1. Certificat médical Établi par le médecin traitant Médecin traitant
2. Accord employeur Sur principe et modalités d'aménagement Employeur
3. Demande à la CNS Formulaire RPTRT + certificat médical Salarié
4. Avis médical Évaluation par le CMSS Contrôle médical sécu. sociale
5. Décision CNS Notification écrite à l'assuré et à l'employeur CNS
6. Début effectif Uniquement après accord écrit de la CNS Salarié + employeur
7. Indemnisation 100 % de l'indemnité pécuniaire de maladie CNS
8. Recours en cas de refus CNS Devant le Conseil arbitral des assurances sociales Salarié

Pratiques et recommandations

Il est recommandé d'engager un dialogue précoce entre le salarié, le médecin traitant et l'employeur dès que la perspective d'une reprise progressive se dessine. L'employeur doit collaborer avec le service de santé au travail pour adapter le poste, sans toutefois exiger d'informations médicales couvertes par le secret médical.

L'employeur a intérêt à formaliser par écrit son accord sur les modalités pratiques (jours, horaires, tâches confiées) et à conserver la trace des échanges. Une fois la décision de la CNS notifiée, l'employeur ne peut s'y opposer si elle a accepté ; il doit organiser le travail conformément aux modalités convenues.

L'employeur ne peut ni initier la procédure ni faire pression sur le salarié pour qu'il y recoure : toute proposition unilatérale expose l'entreprise à un contentieux pour atteinte aux droits du salarié.

En cas de refus de l'employeur sur le principe de la RPTRT, celui-ci doit être motivé par des raisons objectives (impossibilité organisationnelle, nature des fonctions). Un refus discriminatoire ou abusif peut être contesté devant les juridictions du travail. Le médecin du travail ne peut intervenir pour vérifier le bien-fondé du congé maladie (Art. L.325-2).

Cadre juridique

Le cadre juridique combine le Code de la sécurité sociale (régime de la RPTRT) et le Code du travail (protection du contrat).

Référence Objet
Art. 14bis du Code de la sécurité sociale Régime de la Reprise Progressive du Travail pour Raisons Thérapeutiques
Art. 14 du Code de la sécurité sociale Plafond de 78 semaines d'indemnité pécuniaire sur 104 semaines
Art. 9 du Code de la sécurité sociale Maintien de l'indemnité pécuniaire pendant la RPTRT
Loi du 10 août 2018 Modification du Code du travail et CSS — RPTRT et maintien du contrat
Statuts CNS, art. 169 et 173 Procédure administrative de la RPTRT
Art. L.121-6 du Code du travail Protection contre le licenciement et maintien du salaire pendant l'incapacité
Art. L.121-7 du Code du travail Modification d'une clause essentielle du contrat (avenant temps partiel)
Art. L.251-1 du Code du travail Interdiction de discrimination fondée sur le handicap
Art. L.325-2 du Code du travail Le médecin du travail ne peut vérifier le bien-fondé du congé maladie

Note

L'employeur ne peut ni initier ni imposer la RPTRT : seul le salarié, sur certificat de son médecin traitant, peut en faire la demande. Tout refus de l'employeur doit reposer sur des motifs objectifs et non discriminatoires, sous peine de contentieux devant les juridictions du travail.

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