Est-il autorisé de filmer l'entrée et la sortie des bâtiments de l'entreprise ?
Réponse courte
Filmer les entrées et sorties des bâtiments de l'entreprise est autorisé au Luxembourg sous condition d'une finalité légitime (prévention des intrusions, sécurité des personnes et des biens) et du respect de la proportionnalité. La caméra ne doit pas avoir pour objectif principal le contrôle des horaires des salariés, et son cadrage doit se limiter strictement aux points d'accès.
L'installation suppose une information individuelle et collective des salariés, une consultation de la délégation du personnel (article L.414-9), une AIPD si risque élevé (article 35 du RGPD), un affichage visible aux entrées, et une conservation des images limitée à 8 jours en principe, 30 jours maximum avec justification documentée. Le dispositif doit figurer au registre des traitements.
Définition
La vidéosurveillance des accès désigne l'installation de caméras aux entrées et sorties des bâtiments permettant l'identification des personnes physiques entrant ou sortant. Elle constitue un traitement de données à caractère personnel soumis au RGPD et au Code du travail luxembourgeois.
Ces dispositifs présentent généralement un risque modéré au regard de la vie privée, à condition que leur cadrage demeure strictement périmétrique et qu'ils n'enregistrent pas l'activité interne des salariés.
Questions fréquentes
Conditions d’exercice
Le dispositif d'accès est admis dès lors qu'il vise la sécurité périmétrique et non le pointage des salariés ; un cadrage qui suit l'activité au-delà du seuil d'entrée serait disproportionné.
| Condition | Exigence concrète |
|---|---|
| Finalité légitime | Prévention d'intrusions, sécurité des personnes et des biens |
| Cadrage périmétrique | Captation limitée aux portes, sas et points d'accès |
| Pas de finalité de pointage | Interdiction d'utiliser les images pour contrôler les horaires |
| Information préalable | Notice individuelle aux salariés et affichage visible aux accès |
| Consultation | Délégation du personnel (article L.414-9) ou information de l'ITM |
Modalités pratiques
Le dispositif d'accès est l'un des plus contrôlés en pratique par la CNPD ; les contrôles portent en priorité sur la durée de conservation et sur l'absence de captation au-delà de la zone d'entrée.
| Démarche | Précision |
|---|---|
| AIPD | Article 35 du RGPD si risque élevé (grand site, public sensible) |
| Consultation délégation | Procès-verbal préalable à l'installation, conformément à L.414-9 |
| Affichage aux accès | Pictogramme « Zone sous vidéosurveillance » avec mention du responsable |
| Notice individuelle | Finalité, durée, destinataires, droits remis aux salariés |
| Conservation | 8 jours en principe, 30 jours maximum avec justification documentée |
| Habilitation des accès | Liste nominative restreinte et traçabilité des consultations |
| Registre des traitements | Inscription du dispositif avec finalités, durée et destinataires |
Pratiques et recommandations
Documenter la nécessité du dispositif et l'absence d'alternative moins intrusive.
Limiter l'angle de vue au strict périmètre d'accès, sans englober les zones de travail.
Former les personnes habilitées à consulter les images aux règles de confidentialité.
Réévaluer régulièrement la pertinence du dispositif avec la délégation.
Privilégier des solutions complémentaires moins intrusives (badges, sas).
Encadrer strictement toute utilisation des images à des fins disciplinaires.
Cadre juridique
| Référence | Objet |
|---|---|
| Art. L.261-1 du Code du travail | Traitement de données pour surveillance des salariés |
| Art. L.261-2 du Code du travail | Sanctions pénales en cas de violation |
| Art. L.414-9 du Code du travail | Co-décision de la délégation du personnel |
| Loi modifiée du 1er août 2018 | Régime général de protection des données |
| Règlement (UE) 2016/679 (RGPD) | Articles 5, 6, 13, 30, 35 |
| Lignes directrices CNPD vidéosurveillance | Recommandations 2024 sur les zones d'accès |
Note
Le non-respect des obligations expose l'employeur à des sanctions administratives RGPD jusqu'à 4 % du chiffre d'affaires mondial, à des sanctions pénales L.261-2, et à l'irrecevabilité judiciaire des images. La détention des images au-delà de 30 jours sans justification est systématiquement sanctionnée par la CNPD.