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Quelle convention fiscale évite la double imposition en télétravail depuis la Belgique ?

Réponse courte

Un salarié résidant en Belgique et télétravaillant pour un employeur luxembourgeois bénéficie d'un seuil de tolérance de 34 jours de télétravail par an sans changement d'imposition, selon la convention fiscale bilatérale Luxembourg-Belgique de 1970 (modifiée en 2021). Au-delà de ce seuil, la part de rémunération correspondant aux jours supplémentaires devient imposable en Belgique selon le principe du prorata.

Définition

La convention fiscale bilatérale entre le Luxembourg et la Belgique définit les règles d'imposition des revenus salariés transfrontaliers pour éviter qu'un même revenu ne soit imposé dans les deux pays (double imposition). Elle détermine précisément quel État est compétent pour imposer les revenus selon le lieu d'exercice effectif de l'activité professionnelle et établit des seuils de tolérance pour le télétravail. Voir aussi : règle des 25 %.

Conditions d’exercice

Les conditions principales d'application sont :

  • Le salarié doit être résident fiscal belge
  • L'employeur doit être établi au Luxembourg
  • Le seuil de tolérance est fixé à 34 jours maximum de télétravail par année civile
  • Les jours de télétravail doivent être effectués depuis la Belgique
  • Au-delà du seuil, l'imposition devient proportionnelle aux jours télétravaillés
  • Toute journée comportant du télétravail, même partielle, compte comme une journée entière

Modalités pratiques

L'application de la convention requiert :

Élément Détail
Un décompte précis des jours de télétravail par l'employeur
Une adaptation de la retenue à la source luxembourgeoise dès dépassement du seuil
Une déclaration des revenus imposables en Belgique par le salarié
Un calcul au prorata des jours travaillés dans chaque pays
La conservation des justificatifs de présence physique et de télétravail
Une information régulière du salarié sur son décompte de jours

Pratiques et recommandations

Pour une gestion optimale : (seuil fiscal de 34 jours)

Mettre en place un système de suivi automatisé des jours de télétravail

Formaliser les modalités dans un avenant au contrat de travail

Informer mensuellement le salarié de son décompte de jours restants

Anticiper les impacts paie en cas de dépassement prévisible

Conserver une documentation précise des jours télétravaillés avec justificatifs

Former les managers sur les règles de décompte et les enjeux fiscaux

Établir des procédures d'alerte avant l'atteinte du seuil critique

Cadre juridique

Le cadre juridique applicable repose sur les textes suivants.

Référence Objet
Convention fiscale Luxembourg-Belgique du 17 septembre 1970
Avenant du 31 août 2021 fixant le seuil à 34 jours (applicable depuis le 1er janvier 2022)
Article 15 de la convention sur les revenus d'emploi
Loi belge du 22 décembre 2022 ratifiant l'avenant
Mémorial A n° 338 de 2022 (Luxembourg)
Circulaires de l'Administration des contributions directes luxembourgeoise

Note

Le dépassement du seuil de 34 jours peut avoir des conséquences fiscales significatives pour le salarié et créer des obligations supplémentaires pour l'employeur. Dans la majorité des cas, télé­travailler au-delà de ce seuil s'avère fiscalement pénalisant pour le salarié belge. Une vigilance particulière et un suivi rigoureux sont donc indispensables.

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