Un agent public peut-il faire l'objet d'une clause de confidentialité ?
Réponse courte
Oui, mais une telle clause est largement superflue pour un agent statutaire : le fonctionnaire de l'État est déjà soumis de plein droit au secret professionnel par l'article 11 de la loi modifiée du 16 avril 1979, obligation légale qui s'applique sans aucun engagement contractuel.
La violation de cette obligation statutaire relève du régime disciplinaire, dont l'échelle de 10 sanctions va de l'avertissement à la révocation (art. 47). Le fonctionnaire communal est soumis à des devoirs équivalents prévus par la loi modifiée du 24 décembre 1985, assortis de leur propre régime disciplinaire.
La clause de confidentialité retrouve en revanche toute son utilité pour les salariés sous contrat de droit privé des employeurs publics : l'employeur peut y définir le périmètre des informations protégées et organiser la discrétion au-delà de la fin du contrat.
Une telle clause doit rester proportionnée : elle ne peut ni vider de sa substance la liberté d'expression du salarié ni faire obstacle aux signalements légalement protégés.
Définition
La clause de confidentialité est une stipulation contractuelle par laquelle une personne s'engage à ne pas divulguer certaines informations. Pour les agents statutaires, elle fait double emploi avec le secret professionnel légal ; pour les salariés, elle constitue le principal outil de protection des informations de l'employeur, en complément du devoir de loyauté inhérent au contrat de travail.
Questions fréquentes
Conditions d’exercice
L'obligation de confidentialité existe de plein droit pour les statutaires, alors qu'elle gagne à être contractualisée pour les salariés.
| Situation | Fondement de la confidentialité | Utilité d'une clause |
|---|---|---|
| Fonctionnaire de l'État | Secret professionnel légal (art. 11 du statut) | Simple rappel pédagogique, sans portée juridique propre |
| Fonctionnaire communal | Devoirs du statut communal (loi modifiée du 24 décembre 1985) | Simple rappel pédagogique |
| Salarié d'un employeur public | Loyauté contractuelle | Clause utile pour préciser périmètre, durée et suites |
Modalités pratiques
Une clause destinée à un salarié doit être rédigée avec précision pour être opposable et proportionnée.
| Élément de la clause | Recommandation |
|---|---|
| Périmètre | Catégories d'informations protégées définies concrètement, sans formule générale illimitée |
| Durée | Limitée à ce qui est nécessaire, y compris pour la période postérieure au contrat |
| Proportionnalité | Pas d'atteinte excessive à la liberté d'expression ni aux signalements protégés |
| Articulation statutaire | Pour un agent public, renvoi au secret professionnel légal plutôt que création d'obligations parallèles |
| Sanctions | Renvoi au régime disciplinaire ou aux voies de droit commun, sans montant forfaitaire inventé |
Pratiques et recommandations
Rappeler par écrit aux agents statutaires, dès l'entrée en fonction, le contenu du secret professionnel légal plutôt que de leur faire signer une clause redondante.
Réserver la clause de confidentialité aux salariés sous contrat de droit privé, en la calibrant sur les fonctions réellement exercées.
Faire valider la rédaction par le service juridique avant signature, notamment sur la durée et le périmètre.
Réexaminer les clauses existantes lors de tout changement de fonctions exposant l'agent à des informations plus sensibles.
Cadre juridique
| Référence | Objet |
|---|---|
| Loi modifiée du 16 avril 1979, art. 11 | Secret professionnel légal des fonctionnaires de l'État |
| Loi modifiée du 16 avril 1979, art. 47 | Échelle des 10 sanctions disciplinaires |
| Loi modifiée du 24 décembre 1985 | Devoirs et discipline des fonctionnaires communaux |
| Code du travail | Régime contractuel des salariés de droit privé des employeurs publics |
Note
Le secret professionnel statutaire s'impose à l'agent public sans formalité, ce qui rend la clause surtout utile côté salariés. La rédaction d'une clause gagne toujours à être validée par le service juridique. Aucune pénalité forfaitaire ne doit être stipulée sans base légale vérifiée.