Quelles personnes peuvent être aidées dans le cadre du congé d'aidant ?
Réponse courte
Le congé d'aidant permet d'assister un membre de la famille ou une personne vivant dans le même ménage que le salarié. L'article L.233-16 du Code du travail définit les membres de la famille de manière limitative : fils, fille, mère, père, conjoint ou partenaire. En dehors de ce cercle familial, seule la condition de cohabitation effective permet d'ouvrir le droit au congé.
Il n'est donc pas possible de prendre un congé d'aidant pour un ami, un voisin ou un proche ne vivant pas sous le même toit et n'appartenant pas à la liste des membres de la famille définie par la loi. Cette restriction vise à encadrer strictement le dispositif tout en couvrant les situations de cohabitation hors lien familial.
Définition
Le périmètre des personnes aidées dans le cadre du congé d'aidant est défini par l'article L.233-16, alinéa 2, du Code du travail. La loi distingue deux catégories de bénéficiaires : les membres de la famille (liste fermée) et les personnes cohabitantes (vivant dans le même ménage). Dans les deux cas, la personne aidée doit souffrir d'une raison médicale grave réduisant sa capacité et son autonomie, attestée par un certificat médical.
Questions fréquentes
Conditions d’exercice
Le droit au congé d'aidant dépend du lien entre le salarié et la personne aidée.
| Catégorie | Personnes éligibles | Condition supplémentaire |
|---|---|---|
| Famille directe | Fils, fille | Certificat médical attestant raison médicale grave |
| Parents | Mère, père | Certificat médical attestant raison médicale grave |
| Conjoint/partenaire | Conjoint marié, partenaire enregistré | Certificat médical attestant raison médicale grave |
| Cohabitant | Toute personne vivant dans le même ménage | Preuve de cohabitation + certificat médical |
| Exclues | Ami, voisin, frère, sœur, grands-parents non cohabitants | Pas de droit au congé d'aidant |
Modalités pratiques
La vérification du lien avec la personne aidée suit les étapes suivantes.
| Étape | Action |
|---|---|
| Lien familial | Vérifier que la personne aidée figure dans la liste légale (fils, fille, mère, père, conjoint, partenaire) |
| Cohabitation | Si pas de lien familial direct : demander une preuve de cohabitation (attestation de résidence commune) |
| Certificat médical | Exiger un certificat attestant la raison médicale grave réduisant capacité et autonomie |
| Refus motivé | Refuser la demande si la personne aidée ne remplit aucune des deux conditions (famille ou cohabitation) |
| Archivage | Conserver les justificatifs dans le dossier du salarié en respectant le RGPD |
Pratiques et recommandations
Diffuser la liste précise des personnes éligibles auprès des salariés pour éviter les demandes non conformes et les incompréhensions.
Distinguer clairement le congé d'aidant (art. L.233-16, point 10) du congé pour raisons familiales (art. L.234-50 et suivants), ce dernier étant réservé à la maladie d'un enfant à charge de moins de 18 ans.
Accepter les preuves de cohabitation sous différentes formes (attestation communale, contrat de bail commun, certificat de résidence) sans exiger un lien de parenté pour les personnes vivant dans le même ménage.
Refuser les demandes concernant des personnes ne répondant à aucun des critères légaux, en motivant le refus par écrit et en orientant le salarié vers d'autres dispositifs éventuels (congé sans solde, aménagement du temps de travail).
Cadre juridique
| Référence | Objet |
|---|---|
| Art. L.233-16, point 10, Code du travail | Congé d'aidant pour membre de la famille ou personne cohabitante |
| Art. L.233-16, al. 2, Code du travail | Définition de « membre de la famille » : fils, fille, mère, père, conjoint, partenaire |
| Loi du 15 août 2023 | Introduction du congé d'aidant en transposition de la directive (UE) 2019/1158 |
| Directive (UE) 2019/1158, art. 3 | Définition européenne du « proche » incluant les cohabitants |
Note
La liste des membres de la famille éligibles au congé d'aidant est plus restreinte que celle applicable au congé extraordinaire pour décès (2e degré). Les frères, sœurs et grands-parents ne sont éligibles que s'ils vivent dans le même ménage que le salarié.