Combien de temps l'entreprise peut-elle conserver les CV reçus ?
Réponse courte
L'entreprise peut conserver les CV des candidats non retenus pendant une durée maximale de six mois à compter de la clôture du processus de recrutement. Cette durée correspond au délai généralement admis par la CNPD comme nécessaire à la gestion d'un éventuel contentieux lié à la sélection.
Une conservation plus longue, notamment dans un vivier de candidats, n'est licite que si le candidat a donné un consentement exprès, libre et spécifique à cette finalité distincte. Ce consentement doit être recueilli séparément de la candidature et peut être retiré à tout moment. Passé le délai, les CV doivent être effectivement supprimés de tous les supports, y compris les sauvegardes et les messageries des recruteurs.
Définition
La conservation des CV désigne la durée pendant laquelle l'employeur, en tant que responsable de traitement, est autorisé à stocker les curriculum vitae et les documents associés (lettre de motivation, notes d'entretien, tests). Cette durée doit respecter le principe de limitation de la conservation posé par l'article 5.1.e du RGPD.
Questions fréquentes
Conditions d’exercice
L'article 5.1.e du RGPD impose une durée proportionnée à la finalité : six mois maximum pour un candidat non retenu, deux ans pour un vivier avec consentement exprès, et suppression immédiate à défaut de base légale ou de consentement.
| Situation | Durée admise |
|---|---|
| Candidat non retenu (processus clos) | Six mois maximum à compter de la décision |
| Candidat retenu (embauche) | Intégration au dossier personnel, durée légale RH |
| Vivier de candidats | Deux ans maximum avec consentement exprès, renouvelable |
| Contentieux en cours | Durée nécessaire à la défense des droits |
| Obligation légale | Durée imposée par la loi applicable |
| Sans consentement | Suppression dès la fin du processus de recrutement |
Modalités pratiques
La gestion conforme des CV s'articule autour de sept étapes : information du candidat, recueil d'un consentement distinct pour le vivier, archivage sécurisé, purge automatisée, traitement des sauvegardes et des messageries, et journalisation des suppressions pour démontrer la conformité (art. 30 RGPD).
| Étape | Détail |
|---|---|
| Information | Notice d'information remise dès la réception de la candidature |
| Consentement vivier | Case distincte à cocher pour le maintien au-delà de six mois |
| Archivage | Zone de stockage sécurisée avec accès tracé |
| Purge périodique | Processus automatisé de suppression après expiration |
| Sauvegardes | Intégration dans la procédure de purge (délai supplémentaire) |
| Messagerie | Suppression des pièces jointes reçues par les recruteurs |
| Journalisation | Registre des suppressions pour démontrer la conformité |
Pratiques et recommandations
Paramétrer l'outil de gestion des candidatures (ATS) pour automatiser la suppression à six mois, en intégrant une notification préalable au candidat.
Recueillir un consentement distinct et documenté pour tout maintien en vivier, en précisant la durée et les finalités exactes.
Nettoyer régulièrement les messageries des recruteurs pour éviter la conservation parallèle de CV hors de l'outil officiel.
Former les managers et recruteurs à ne pas conserver localement des copies de CV sur leurs postes ou clouds personnels.
Documenter la politique de conservation dans le registre des activités de traitement et la communiquer à la délégation du personnel.
Cadre juridique
Le cadre juridique combine RGPD et droit luxembourgeois de la protection des données.
| Référence | Objet |
|---|---|
| Art. 5.1.e RGPD | Principe de limitation de la conservation |
| Art. 6 RGPD | Bases légales du traitement |
| Art. 7 RGPD | Conditions du consentement |
| Art. 17 RGPD | Droit à l'effacement |
| Loi du 1er août 2018 | Régime général de protection des données |
| Art. 30 RGPD | Registre des activités de traitement |
| Recommandations CNPD | Lignes directrices sur le recrutement |
Note
Toute conservation excessive expose l'entreprise à des sanctions administratives de la CNPD. La durée de six mois est une référence issue de la pratique et n'est pas imposée par la loi : elle doit être adaptée aux finalités légitimes de l'entreprise et documentée dans le registre des traitements.