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Comment gérer le refus d'un frontalier de respecter la limite de jours de télétravail ?

Réponse courte

Le refus d'un salarié frontalier de respecter la limite de jours de télétravail constitue un manquement contractuel justifiant des mesures disciplinaires progressives. L'employeur doit d'abord rappeler par écrit les obligations contractuelles issues de l'avenant de télétravail et les conséquences fiscales et sociales du dépassement des seuils de 34 jours (FR/BE) ou 19 jours (DE).

En cas de persistance, l'employeur peut prononcer un avertissement écrit, puis suspendre le droit au télétravail en application de la clause de réversibilité prévue dans l'avenant. En dernier recours, un manquement grave et répété peut justifier un licenciement pour motif réel et sérieux, le non-respect des seuils pouvant engager la responsabilité financière de l'employeur envers les administrations fiscales et sociales.

Définition

Le refus de respecter la limite de jours de télétravail désigne le comportement d'un salarié frontalier qui continue de télétravailler au-delà du quota fixé dans l'avenant au contrat de travail ou qui refuse de se présenter sur le site luxembourgeois aux jours convenus. Ce manquement expose l'employeur à des redressements fiscaux et à une désaffiliation sociale rétroactive dont il supporte les conséquences financières. Voir aussi : règle des 25 %.

Conditions d’exercice

La réponse de l'employeur doit être proportionnée et graduée.

Étape Action
Rappel écrit Notification des obligations et des risques
Entretien Discussion avec le salarié pour comprendre les motifs
Avertissement Sanction disciplinaire formelle
Suspension Retrait temporaire du droit au télétravail
Suppression Retrait définitif via la clause de réversibilité
Licenciement En dernier recours pour faute grave ou répétée

Modalités pratiques

La procédure disciplinaire doit respecter les formalités suivantes.

Élément Détail
Preuve Relevé du compteur de jours de télétravail
Notification Lettre recommandée avec accusé de réception
Délai Convocation à l'entretien sous 8 jours
Entretien Possibilité pour le salarié d'être accompagné
Sanction Proportionnée à la gravité du manquement
Traçabilité Conservation du dossier disciplinaire

Pratiques et recommandations

Documenter chaque dépassement avec les relevés de présence et les compteurs de télétravail avant d'engager toute procédure disciplinaire. Voir aussi : dépassement du seuil de 34 jours.

Proposer des solutions alternatives lors de l'entretien (réaménagement du planning, jours de télétravail différents) avant de recourir à des mesures coercitives.

Activer la clause de réversibilité prévue dans l'avenant si le salarié persiste dans son refus, en respectant le délai de prévenance contractuellement prévu.

Consulter un avocat en droit du travail avant d'envisager un licenciement pour s'assurer que la procédure est conforme et que le motif est suffisamment caractérisé.

Cadre juridique

Le cadre juridique applicable repose sur les textes suivants.

Référence Objet
Art. L.121-7 du Code du travail Modification du contrat de travail
Art. L.124-1 et suivants du Code du travail Procédure de licenciement
Convention interprofessionnelle du 20 octobre 2020 Réversibilité du télétravail
Art. L.121-9 du Code du travail Période de préavis

Note

Le retrait unilatéral du télétravail par l'employeur en application de la clause de réversibilité ne constitue pas une modification substantielle du contrat si cette clause était expressément prévue dans l'avenant. Le salarié ne peut alors invoquer l'article L.121-7 pour refuser le retour sur site.

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