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Combien de temps l'employeur peut-il conserver les données issues d'un système de pointage ?

Réponse courte

La durée de conservation des données de pointage est encadrée par deux réglementations complémentaires. Du point de vue du droit du travail, le registre quotidien prévu à l'article L.211-29 doit être conservé pendant au moins 3 ans, correspondant à la prescription de droit commun en matière de droit du travail. Du point de vue de la protection des données, la CNPD recommande une durée maximale de 1 an après la fin de la période de référence pour les données de pointage stricto sensu.

L'employeur doit concilier ces deux exigences en conservant le registre du temps de travail pendant la durée légale minimale et en supprimant les données non nécessaires à l'expiration de la période de référence. Le principe de limitation de la conservation prévu par le RGPD interdit toute conservation au-delà de ce qui est strictement nécessaire à la finalité poursuivie. Chaque salarié doit être informé de la durée de conservation applicable avant la mise en service du système.

Définition

Les données issues d'un système de pointage sont les informations relatives aux heures d'arrivée, de départ, de pause ou d'activités enregistrées par tout dispositif de contrôle du temps de travail (badgeuse, logiciel, terminal, registre papier).

Ces données constituent des données à caractère personnel lorsqu'elles permettent d'identifier un salarié. Leur traitement est soumis au RGPD et à la loi du 1er août 2018 relative à la protection des données.

Questions fréquentes

Combien de temps conserver les données de pointage au Luxembourg ?
Le registre du temps de travail doit être conservé au minimum 3 ans selon la prescription du droit du travail. La CNPD recommande pour les données de pointage stricto sensu une durée maximale d'un an après la fin de la période de référence, conformément au RGPD.
Comment gérer la suppression des données de pointage ?
Le système doit être configuré pour supprimer automatiquement les données à l'expiration du délai justifié. La procédure doit être documentée dans le registre des traitements et auditée régulièrement. Le salarié peut exercer un droit à l'effacement selon l'article 17 du RGPD.
Faut-il informer le salarié de la durée de conservation ?
Oui, chaque salarié doit être informé de la durée de conservation applicable avant la mise en service du système, conformément à l'article L.261-1 du Code du travail et à l'article 13 du RGPD. L'absence d'information constitue une violation sanctionnable.
Peut-on conserver les données au-delà du délai prévu ?
Une conservation prolongée est admise uniquement en cas de contentieux en cours ou prévisible, pour la durée strictement nécessaire à la procédure. Au-delà, le principe de limitation de la conservation prévu à l'article 5§1e du RGPD impose la suppression des données.
Pourquoi deux durées de conservation différentes ?
Le droit du travail (article L.211-29) impose 3 ans pour le registre afin de respecter la prescription des actions en paiement de salaire. Le RGPD impose la limitation à ce qui est strictement nécessaire à la finalité, d'où la recommandation CNPD plus courte d'un an.
Quels risques en cas de conservation excessive ?
La conservation excessive expose l'employeur à des sanctions de la CNPD pouvant atteindre 20 millions EUR ou 4 % du chiffre d'affaires mondial. L'absence d'information sur la durée constitue également une violation de l'article L.261-1 du Code du travail.

Conditions d’exercice

La durée de conservation varie selon la finalité et la réglementation applicable.

Critère Détail
Registre du temps de travail Conservation minimale de 3 ans (prescription droit du travail)
Données de pointage (CNPD) Recommandation : 1 an maximum après la fin de la période de référence
Contentieux en cours Conservation prolongée pour la durée de la procédure
Finalité déterminée La conservation doit correspondre à la finalité déclarée
Suppression obligatoire Les données doivent être supprimées à l'expiration de la durée justifiée
Information du salarié La durée de conservation doit être communiquée avant la mise en service

Modalités pratiques

La gestion de la durée de conservation suit un processus défini.

Étape Détail
Définition des durées Déterminer la durée de conservation pour chaque catégorie de données
Information préalable Communiquer les durées à chaque salarié et à la délégation du personnel
Suppression automatique Configurer le système pour supprimer les données à l'expiration du délai
Archivage contentieux Conserver les données pertinentes en cas de litige en cours
Registre des traitements Documenter les durées dans le registre des activités de traitement
Vérification périodique Auditer régulièrement le respect des durées de conservation

Pratiques et recommandations

Distinguer la conservation du registre du temps de travail (3 ans minimum, droit du travail) de celle des données de pointage au sens du RGPD (recommandation CNPD : 1 an).

Configurer le système de pointage pour supprimer automatiquement les données à l'expiration de la durée justifiée.

Conserver les données au-delà de la durée normale uniquement en cas de contentieux en cours ou prévisible.

Documenter les durées de conservation dans le registre des activités de traitement et dans les obligations d'information remises aux salariés.

Garantir la sécurité et la confidentialité des données pendant toute la durée de conservation.

Cadre juridique

Référence Objet
Art. L.211-29 Obligation de tenue du registre et présentation à l'ITM
Art. L.261-1 Information préalable des salariés sur la durée de conservation
RGPD art. 5§1e Principe de limitation de la conservation des données
RGPD art. 13 Obligation d'informer sur la durée de conservation
RGPD art. 17 Droit à l'effacement des données
Recommandation CNPD Durée maximale de 1 an après la fin de la période de référence

Note

La conservation excessive des données expose l'employeur à des sanctions de la CNPD. L'absence d'information sur la durée de conservation constitue une violation de l'article L.261-1 du Code du travail et de l'article 13 du RGPD.

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