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Quelles précautions prendre en cas de sous-traitance du traitement des données RH ?

Réponse courte

La sous-traitance d'un traitement de données RH (paie, SIRH, gestion des temps, santé au travail) impose à l'employeur, en sa qualité de responsable de traitement, de sélectionner un prestataire offrant des garanties suffisantes en matière de protection des données et de signer un contrat conforme à l'article 28 du RGPD.

L'employeur doit vérifier les mesures techniques et organisationnelles du sous-traitant, encadrer par écrit les conditions du traitement (finalité, durée, instructions, confidentialité, sécurité), interdire toute sous-traitance en chaîne sans autorisation écrite préalable, et auditer régulièrement la conformité du prestataire. À l'issue du contrat, les données doivent être restituées ou supprimées de manière certifiée.

Définition

La sous-traitance au sens du RGPD désigne le fait pour un responsable de traitement de confier à un tiers l'exécution d'opérations de traitement pour son compte. Le sous-traitant n'agit que sur instructions documentées du responsable et engage sa propre responsabilité en cas de manquement, aux côtés de celle du responsable.

Conditions d’exercice

L'employeur doit choisir un prestataire offrant des garanties RGPD documentées, signer un contrat article 28 avant tout traitement, et conserver un droit d'audit ainsi qu'une obligation de restitution des données en fin de contrat.

Condition Détail
Sélection du prestataire Garanties suffisantes de conformité RGPD documentées
Contrat écrit Accord conforme à l'article 28 RGPD signé avant tout traitement
Instructions documentées Le sous-traitant n'agit que sur demande écrite
Confidentialité Engagement du sous-traitant et de son personnel
Sécurité Mesures techniques et organisationnelles appropriées
Sous-traitance ultérieure Autorisation écrite préalable obligatoire
Audit Droit de contrôle du responsable sur le sous-traitant
Fin du contrat Restitution ou destruction certifiée des données

Modalités pratiques

Le cycle de vie d'une sous-traitance RH comporte sept étapes : due diligence préalable, rédaction d'un contrat article 28 RGPD, onboarding sécurisé, suivi opérationnel, audits périodiques, gestion des incidents (art. 33 RGPD) et clôture avec restitution ou destruction certifiée.

Étape Détail
Due diligence Analyse préalable des garanties techniques et organisationnelles
Rédaction du contrat Clauses RGPD obligatoires, annexes de sécurité
Onboarding Transfert sécurisé des données et formation
Suivi opérationnel Monitoring des accès et des incidents
Audits périodiques Vérification du respect des engagements
Gestion des incidents Notification des violations dans les meilleurs délais
Clôture Restitution ou destruction certifiée, attestation écrite

Pratiques et recommandations

Établir une grille d'évaluation préalable des prestataires pour vérifier leurs garanties de conformité RGPD avant toute contractualisation.

Utiliser un modèle de contrat type intégrant toutes les clauses obligatoires de l'article 28 du RGPD, validé par le DPO et le service juridique.

Maintenir une liste à jour des sous-traitants dans le registre des activités de traitement, accessible à la CNPD en cas de contrôle.

Auditer annuellement les sous-traitants critiques (paie, SIRH, santé) pour vérifier le respect continu des engagements contractuels et des mesures de sécurité.

Prévoir contractuellement la gestion des violations de données et les modalités de notification à l'employeur dans les meilleurs délais.

Cadre juridique

Le cadre juridique repose sur le RGPD et la loi luxembourgeoise.

Référence Objet
Art. 28 RGPD Obligations contractuelles du responsable et du sous-traitant
Art. 29 RGPD Traitement sur instructions du responsable
Art. 32 RGPD Sécurité du traitement
Art. 33 RGPD Notification des violations
Loi du 1er août 2018 Régime général au Luxembourg
Clauses contractuelles types Décision 2021/915 de la Commission européenne
Art. L.261-1 Code du travail Protection dans la relation de travail

Note

L'employeur reste responsable vis-à-vis de ses salariés et de la CNPD des manquements de son sous-traitant. Un contrat non conforme à l'article 28 expose à des sanctions administratives pouvant atteindre 10 millions d'euros ou 2 % du chiffre d'affaires mondial.

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