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Un salarié peut-il effectuer des heures supplémentaires non déclarées avec l'accord de son supérieur ?

Réponse courte

Non. L'accord d'un supérieur hiérarchique n'a aucune valeur juridique en la matière. Le recours aux heures supplémentaires est subordonné à une procédure préalable de notification ou d'autorisation auprès du ministre ayant le Travail dans ses attributions, et il est limité à des cas exceptionnels énumérés par la loi.

Chaque heure prestée au-delà de la durée normale doit par ailleurs être inscrite au registre spécial que l'employeur présente à toute demande de l'ITM. Une heure travaillée mais non enregistrée reste due : ni l'accord du manager ni celui du salarié ne peut y faire renoncer.

Les infractions au chapitre sur la durée du travail sont punies d'une amende de 251 à 15 000 euros. S'y ajoute, si une injonction écrite du directeur de l'ITM relative à la durée du travail n'est pas respectée dans le délai imparti, une amende administrative de 1 000 à 25 000 euros.

Définition

La durée de travail est le temps pendant lequel le salarié est à la disposition de son ou de ses employeurs, les périodes de repos où il ne l'est pas en étant exclues. Elle ne peut excéder huit heures par jour et quarante heures par semaine, la convention collective applicable pouvant fixer des seuils inférieurs.

Les heures supplémentaires sont celles prestées au-delà de ces limites. Elles ne se compensent pas par un accord informel : la loi impose soit un repos rémunéré majoré, soit une comptabilisation sur un compte épargne temps, soit, lorsque la récupération est impossible, un paiement majoré.

Conditions d’exercice

Le recours aux heures supplémentaires n'est pas un simple aménagement interne : il suppose une démarche auprès du ministre et ne se justifie que dans des situations limitativement définies.

Élément Détail
Durée normale Huit heures par jour et quarante heures par semaine, sauf seuils conventionnels inférieurs (art. L.211-5)
Procédure préalable Notification ou autorisation du ministre ayant le Travail dans ses attributions, sur requête motivée introduite auprès de l'ITM (art. L.211-23)
Cas exceptionnels Prévention de la perte de matières périssables, travaux spéciaux tels qu'inventaires, bilans, échéances et arrêtés de compte, cas s'imposant dans l'intérêt public ou danger national
Accord hiérarchique Sans effet juridique : il ne remplace ni la procédure ministérielle ni l'enregistrement des heures
Cadres supérieurs Exclus du régime de rémunération des heures supplémentaires, sous les conditions strictes de l'art. L.211-27, § 5
Renonciation Impossible : les heures prestées restent dues, quel que soit l'accord des parties

Modalités pratiques

La compensation en temps est la règle ; le paiement majoré n'intervient qu'à titre subsidiaire.

Aspect Détail
Compensation en temps Une heure majorée d'une demi-heure de temps libre rémunéré par heure supplémentaire travaillée (art. L.211-27, § 1)
Compte épargne temps Comptabilisation au même taux, selon les modalités fixées par la convention collective ou un accord entre partenaires sociaux
Paiement majoré Si la récupération est impossible ou si le salarié quitte l'entreprise : salaire horaire normal majoré de quarante pour cent (art. L.211-27, § 3)
Régime fiscal et social Ces cent quarante pour cent sont exempts d'impôts et de cotisations, à l'exception des cotisations pour prestations en nature sur l'heure non majorée
Salaire horaire Salaire mensuel divisé par le nombre forfaitaire de cent soixante-treize heures
Registre spécial Début, fin et durée du travail journalier, prolongations de la durée normale, heures du dimanche, des jours fériés et de nuit, rétributions afférentes (art. L.211-29)
Sanction pénale Amende de 251 à 15 000 euros pour les infractions au chapitre sur la durée du travail (art. L.211-36)
Injonction de l'ITM Amende administrative de 1 000 à 25 000 euros en cas de non-respect d'une injonction relative à la durée du travail (art. L.614-5 et L.614-13)

Pratiques et recommandations

Le registre doit refléter les heures réellement prestées, y compris celles que personne n'a autorisées. Un relevé arrêté à quarante heures que les badgeages contredisent se retourne contre l'employeur devant le tribunal du travail.

L'accord d'un supérieur ne crée aucun droit et ne supprime aucune obligation ; il crée en revanche la preuve que l'entreprise connaissait les dépassements.

La compensation en temps étant la règle et le paiement majoré l'exception, laisser filer les compteurs conduit mécaniquement au paiement, plus coûteux : un suivi mensuel de l'écart entre heures badgées et heures déclarées suffit à tenir l'échéance.

Cadre juridique

Référence Objet
Art. L.211-4 Définition de la durée de travail comme temps de mise à disposition
Art. L.211-5 Limites de huit heures par jour et quarante heures par semaine
Art. L.211-23 Procédure préalable de notification ou d'autorisation ministérielle et cas exceptionnels
Art. L.211-27 Compensation en temps, compte épargne temps, paiement majoré de quarante pour cent, exclusion des cadres supérieurs
Art. L.211-29 Registre spécial des heures de travail présenté à toute demande de l'ITM
Art. L.211-36 Amende de 251 à 15 000 euros pour les infractions au chapitre sur la durée du travail
Art. L.614-4 Communication à l'inspectorat des livres, registres, fichiers et documents
Art. L.614-5 Injonctions du directeur de l'ITM en matière de durée du travail
Art. L.614-13 Amende administrative de 1 000 à 25 000 euros en cas de non-respect d'une injonction
Art. L.614-14 Recours en réformation devant le Tribunal administratif

Note

Aucun accord entre un salarié et son supérieur ne peut écarter la procédure ministérielle ni l'obligation d'enregistrement des heures prestées. Les heures non déclarées restent dues et se compensent en temps, ou se paient au salaire horaire majoré de quarante pour cent lorsque la récupération est impossible. Les litiges relatifs aux heures supplémentaires relèvent du tribunal du travail.

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