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Quelles sanctions l'employeur encourt-il en cas de licenciement illégal d'une salariée enceinte ?

Réponse courte

L'employeur qui licencie illégalement une salariée enceinte s'expose à des sanctions civiles et pénales. Sur le plan civil, le licenciement est frappé de nullité absolue en vertu de l'art. L.337-1 et réputé n'avoir jamais produit d'effets. La salariée peut obtenir sa réintégration par ordonnance du président du tribunal du travail statuant en urgence sous 15 jours. L'employeur peut être condamné à des dommages-intérêts couvrant la perte de salaire et le préjudice moral.

Sur le plan pénal, l'art. L.338-4 prévoit un emprisonnement de 8 jours à 6 mois et une amende de 251 à 25 000 euros. En cas de non-réintégration malgré l'ordonnance, des indemnités supplémentaires sont dues. Ces sanctions s'appliquent que l'employeur ait eu ou non connaissance de la grossesse au moment du licenciement.

Définition

Les sanctions pour licenciement illégal d'une salariée enceinte regroupent l'ensemble des conséquences juridiques frappant l'employeur qui notifie un licenciement en violation de la protection de la maternité. Elles comprennent la nullité du licenciement, la réintégration forcée, les dommages-intérêts et les sanctions pénales prévues par le Code du travail.

Conditions d’exercice

Les sanctions s'appliquent dans les conditions suivantes.

Condition Détail
Période protégée Grossesse médicalement constatée jusqu'à 12 semaines post-accouchement
Notification visée Licenciement ou convocation à l'entretien préalable
Connaissance de la grossesse Si l'employeur ignorait la grossesse, la salariée dispose de 8 jours pour produire le certificat
Exception Faute grave non liée à la grossesse (mise à pied en attendant la décision judiciaire)
Cumul des sanctions Les sanctions civiles et pénales sont cumulables

Modalités pratiques

Les sanctions se déclinent de la manière suivante.

Sanction Détail
Nullité du licenciement Le licenciement est nul et sans effet (art. L.337-1)
Réintégration Ordonnée par le président du tribunal du travail en urgence
Salaires arriérés Versement de tous les salaires dus depuis le licenciement nul
Dommages-intérêts Réparation du préjudice matériel et moral
Emprisonnement 8 jours à 6 mois (art. L.338-4)
Amende pénale 251 à 25 000 euros (art. L.338-4)

Pratiques et recommandations

Vérifier systématiquement l'absence de grossesse déclarée avant toute procédure de licenciement permet d'éviter la nullité absolue.

Consulter le service juridique dès qu'une procédure disciplinaire concerne une salariée en âge de procréer constitue une précaution élémentaire.

Documenter rigoureusement la faute grave invoquée lorsqu'elle constitue le seul motif admissible de licenciement pendant la période protégée est indispensable.

Prévoir la mise à pied conservatoire en cas de faute grave car le licenciement ne peut intervenir qu'après décision judiciaire confirmant la gravité de la faute.

Cadre juridique

Référence Objet
Art. L.337-1 Nullité du licenciement pendant la grossesse et réintégration
Art. L.338-4 Sanctions pénales : emprisonnement et amende
Art. L.124-12 Modalités de la réintégration

Note

La nullité du licenciement est absolue et d'ordre public : elle s'applique même si l'employeur ignorait la grossesse au moment de la notification, à condition que la salariée produise le certificat médical dans les 8 jours. Les sanctions pénales peuvent être prononcées en plus des sanctions civiles.

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