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Comment évaluer le critère des compétences pour la transparence salariale ?

Réponse courte

Le critère des compétences — l'un des quatre critères d'évaluation — englobe l'ensemble des savoirs, savoir-faire et savoir-être requis pour exercer un poste : diplômes, certifications, expérience professionnelle, compétences techniques et relationnelles. La directive (UE) 2023/970 exige que l'évaluation soit neutre en termes de genre, ce qui implique de ne pas survaloriser certaines compétences historiquement associées à un sexe.

Les compétences physiques ne doivent pas être systématiquement cotées plus haut que les compétences relationnelles ou émotionnelles, souvent requises dans les métiers à prédominance féminine. L'employeur doit établir une grille de cotation documentée, transparente et justifiable.

Définition

Les compétences constituent le premier des quatre critères d'évaluation des emplois définis par la directive (UE) 2023/970.

Ce critère mesure l'ensemble des qualifications et aptitudes nécessaires pour exercer correctement les fonctions d'un poste. Il couvre aussi bien les compétences formelles (diplômes, certifications) que les compétences acquises par l'expérience et les aptitudes interpersonnelles indispensables à certaines fonctions.

Conditions d’exercice

L'évaluation des compétences doit couvrir toutes les dimensions requises par le poste sans privilégier un type de compétence.

Critère Détail
Compétences formelles Diplômes, certifications, qualifications professionnelles requises
Compétences techniques Maîtrise d'outils, procédés, logiciels ou méthodes spécifiques
Compétences relationnelles Communication, négociation, gestion de conflits, empathie
Expérience requise Nombre d'années et type d'expérience nécessaire pour le poste
Compétences linguistiques Langues requises et niveau de maîtrise attendu
Capacité d'adaptation Polyvalence, apprentissage continu, gestion du changement
Neutralité de genre Chaque type de compétence doit être pondéré équitablement

Modalités pratiques

La cotation des compétences nécessite une démarche méthodique pour éviter les biais inconscients dans l'évaluation.

Étape Détail
Inventaire Lister toutes les compétences requises pour chaque poste à partir des fiches de fonction
Catégorisation Classer les compétences en sous-critères (formelles, techniques, relationnelles, linguistiques)
Échelle de cotation Définir des niveaux (1 à 5) avec des descripteurs précis et mesurables
Pondération interne Attribuer un poids à chaque sous-critère en justifiant le choix
Test de neutralité Vérifier que la cotation ne défavorise pas systématiquement les postes féminisés
Validation Faire valider la grille par un comité paritaire incluant des représentants du personnel

Pratiques et recommandations

Éviter le piège classique de la survalorisation des compétences physiques ou techniques au détriment des compétences relationnelles et émotionnelles, car ce biais pénalise les métiers à prédominance féminine comme les soins, l'éducation ou l'accueil.

Documenter précisément, dans le cadre de l'analyse de poste, pourquoi une compétence reçoit un poids supérieur à une autre dans la grille de cotation, en se fondant sur les exigences réelles du poste et non sur des présupposés.

Inclure systématiquement les compétences linguistiques dans l'évaluation, car elles constituent une exigence majeure sur le marché luxembourgeois multilingue.

Actualiser régulièrement l'inventaire des compétences pour refléter l'évolution des métiers, notamment l'apparition de nouvelles compétences numériques.

Associer les titulaires de postes à la validation de l'inventaire des compétences pour garantir que l'évaluation reflète la réalité du travail.

Cadre juridique

Référence Objet
Directive (UE) 2023/970, art. 4 Les compétences comme critère d'évaluation de la valeur du travail
Art. L.225-1 Égalité de rémunération pour un travail de valeur égale
Art. L.241-1 Interdiction de la discrimination fondée sur le sexe
CJUE, C-237/85 Rummler L'évaluation des compétences ne peut se fonder sur des critères favorisant un sexe

Note

La jurisprudence Rummler de la CJUE a établi dès 1986 que les systèmes de classification ne peuvent se fonder exclusivement sur des critères favorisant un sexe. La directive 2023/970 codifie ce principe en imposant une évaluation équilibrée de toutes les formes de compétences. Les obligations décrites dans cette fiche sont issues de la directive (UE) 2023/970 et entreront en vigueur sous réserve de la transposition en droit luxembourgeois avant le 7 juin 2026.

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