← Article précédent
Ajouter aux favoris Télécharger en PDF
Article suivant →

Existe-t-il un registre des absences de longue durée ?

Réponse courte

Non. Aucun registre des absences n'est prévu par le Code du travail, pas davantage pour les absences prolongées que pour les autres. Ce que la loi organise, ce sont des justificatifs et des délais, dont le suivi conditionne des effets juridiques précis.

Le mécanisme central est celui de l'article L.121-6 : le salarié avertit l'employeur le jour même de l'empêchement et lui soumet au plus tard le troisième jour un certificat attestant l'incapacité et sa durée prévisible. La réception de cet avertissement ou de ce certificat interdit à l'employeur de notifier une résiliation ou de convoquer à un entretien préalable — même pour motif grave — pendant vingt-six semaines à compter de la survenance de l'incapacité.

C'est donc la date de réception qu'il faut suivre, et la chronologie des prolongations, non un registre d'absences.

Définition

L'absence de longue durée n'a pas de définition légale. Le seuil qui compte est celui des vingt-six semaines de protection, calculé à partir de la survenance de l'incapacité.

Le suivi est un outil de gestion, soumis au RGPD. Il n'a ni contenu imposé ni valeur réglementaire, et ne doit contenir aucune donnée médicale.

Conditions d’exercice

Ce qui produit des effets, ce sont les dates, non le recensement.

Élément Effet Base
Avertissement le jour même Déclenche la protection L.121-6, paragraphe 1er
Certificat au plus tard le troisième jour Confirme l'incapacité et sa durée prévisible L.121-6, paragraphe 2
Date de survenance de l'incapacité Point de départ des vingt-six semaines L.121-6, paragraphe 3
Prolongations successives Chronologie déterminant le terme de la protection L.121-6
Cause médicale Ne doit pas figurer au suivi RGPD, article 9
Registre des absences Inexistant Aucun texte

Modalités pratiques

Le suivi utile tient en quelques colonnes, dont aucune ne porte sur la santé.

Colonne Contenu
Salarié Identification
Date de l'avertissement Jour et heure de l'information reçue
Date de réception du certificat Élément déterminant pour la protection
Période couverte Début et fin de l'incapacité déclarée
Prolongations Dates de réception successives
Terme de la protection Vingt-six semaines depuis la survenance

Pratiques et recommandations

La date de réception est plus importante que la date du certificat. C'est elle qui établit que l'employeur était informé, et donc que l'interdiction de notifier s'appliquait : un suivi qui note l'une sans l'autre passe à côté de l'essentiel.

Le calcul du terme de la protection se fait à l'avance. Vingt-six semaines représentent six mois, et une décision prise à quelques jours du terme sur la foi d'une estimation approximative peut être frappée de nullité.

La cause médicale n'a pas à figurer dans le suivi. La durée et la nature juridique de l'absence suffisent à la gestion ; mentionner une pathologie transforme un tableau de gestion en traitement de données de santé, sans le moindre avantage pratique.

Cadre juridique

Référence Objet
Article L.121-6 du Code du travail Avertissement le jour même, certificat au troisième jour, protection de vingt-six semaines
Article L.211-29 du Code du travail Registre du temps de travail, portant sur les heures effectuées
RGPD, article 9 Interdiction de principe du traitement des données de santé
RGPD, article 30 Registre des traitements, où figure le suivi des absences
Article L.234-47, paragraphe (8) du Code du travail Nullité du licenciement pendant le congé parental
Article L.124-10 du Code du travail Motif grave, écarté pendant la période de protection

Note

Aucun registre des absences n'existe : ce sont les dates de réception des certificats qui produisent des effets. Calculez à l'avance le terme des vingt-six semaines, car une décision prise quelques jours trop tôt est frappée de nullité.

Pixie vous propose aussi...