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Sous quelle forme le registre du temps de travail doit-il être tenu ?

Réponse courte

Au choix de l'employeur : l'article L.211-29 vise « un registre spécial ou un fichier », sans autre exigence de forme. Papier relié, tableur, module d'un logiciel de gestion des temps ou système de badgeage conviennent également, dès lors qu'ils portent les mentions imposées.

Une seule contrainte est ferme, et elle est de disponibilité : le registre doit être présenté à toute demande des membres de l'inspectorat. L'article L.614-4 confirme que le format numérique ne fait pas obstacle au contrôle, puisqu'il vise expressément les fichiers — et qu'il exige la communication « dans les meilleurs délais ».

Aucune durée de conservation n'est fixée. Le registre se garde le temps utile au contrôle et à la prescription salariale de trois ans, sauf dans le transport routier où L.214-7 impose deux ans au moins après la période couverte.

Définition

Le registre spécial est le support historique, tenu à la main et paginé. Le fichier est son équivalent électronique, admis au même titre depuis la modification de 2017.

Le choix entre les deux est libre, mais il emporte des conséquences pratiques : un fichier se modifie sans trace visible, ce qui déplace la question de la forme vers celle de l'intégrité.

Conditions d’exercice

La valeur du registre tient à ce que l'employeur peut démontrer sur son contenu, le support restant libre.

Support Admis Point de vigilance
Registre papier paginé Oui Les ratures et ajouts doivent rester lisibles et datés
Tableur Oui Aucune trace des modifications : à figer périodiquement par export
Logiciel de gestion des temps Oui Vérifier qu'il produit les cinq mentions de L.211-29, rétributions comprises
Badgeage ou pointeuse Oui Traitement soumis à l'article L.261-1 : information préalable de la délégation ou de l'ITM
Registre tenu par un prestataire externe Oui L'employeur reste responsable de la présentation immédiate
Reconstitution mensuelle à partir des plannings Non Le registre constate le travail effectué, non l'horaire prévu

Modalités pratiques

Le contrôle ne prévient pas : ce qui compte est la capacité à produire le registre le jour même, dans un format lisible.

Point Marche à suivre
Accessibilité Prévoir un export imprimable, indépendant du logiciel qui l'a produit
Intégrité Figer les périodes closes par un export daté, voire horodaté
Corrections Documenter la correction et son motif plutôt que d'écraser la donnée
Salariés concernés Couvrir tout le personnel, sans distinction de statut ni d'horaire
Conservation Aligner sur la prescription salariale de trois ans, davantage en cas de litige
Transport routier Conserver au moins deux ans après la période couverte, avec les données de l'unité embarquée

Pratiques et recommandations

Le tableur est le support le plus répandu et le plus fragile. Il satisfait au texte, mais un fichier vivant ne prouve rien sur son état à une date passée. Un export mensuel en PDF, daté et archivé, suffit à figer chaque période close sans changer d'outil ni engager de dépense.

Le passage au badgeage change de régime. Dès que le dispositif sert à contrôler l'activité des salariés, l'article L.261-1 s'applique : base de licéité du RGPD et information préalable de la délégation du personnel ou, à défaut, de l'ITM. Un système installé sans cette formalité produit des données contestables dès l'origine, ce qui prive le registre de sa fonction.

Une bonne pratique consiste enfin à remettre au salarié, sur demande, un relevé de ses heures. Le Code l'impose dans le transport routier ; ailleurs, il désamorce la plupart des réclamations avant qu'elles ne deviennent des litiges.

Cadre juridique

Référence Objet
Article L.211-29 du Code du travail Registre spécial ou fichier, mentions imposées, présentation à toute demande de l'inspectorat
Article L.614-4 du Code du travail Communication de tous livres, registres, fichiers et documents dans les meilleurs délais
Article L.214-7 du Code du travail Transport routier : conservation d'au moins deux ans après la période couverte et copie remise au salarié sur demande
Article L.261-1 du Code du travail Traitement à des fins de surveillance : licéité et information préalable de la délégation ou de l'ITM
Article L.221-2 du Code du travail Prescription triennale de l'action en paiement des salaires

Note

Le registre se tient sur papier ou sous forme de fichier, indifféremment, mais il doit être présenté à toute demande de l'inspectorat. Figez les périodes closes par un export daté : un tableur vivant ne prouve rien sur son état passé.

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