Trois jours d'absence sans nouvelle justifient-ils un renvoi immédiat sur un chantier ?
Réponse courte
Oui, l'article 6.1 le prévoit expressément. Le salarié peut être licencié sans aucun préavis s'il a été absent pendant trois jours consécutifs sans excuse, respectivement sans signaler l'absence à son patron et sans motif valable.
Le même article vise une seconde situation, distincte : les absences répétées, qui ne justifient une rupture immédiate que « malgré un avertissement préalable par écrit ». La gradation est donc inversée entre les deux cas — trois jours consécutifs suffisent d'emblée, des absences éparses supposent un avertissement antérieur.
Deux limites encadrent cette faculté. Le salarié qui a averti son employeur le jour même de son incapacité et produit un certificat au plus tard le troisième jour est protégé pendant vingt-six semaines, y compris contre un licenciement pour motif grave. Et le délai d'un mois pour invoquer les faits court dès que l'employeur en a connaissance.
Définition
L'absence sans excuse suppose l'absence de tout motif valable et l'absence de signalement. Le texte lie les deux : le salarié qui signale son absence sans motif valable, comme celui qui a un motif mais ne le signale pas, ne remplit pas exactement la même situation.
L'avertissement préalable par écrit est la condition propre aux absences répétées. Il constitue la sanction de premier degré et doit être porté à la connaissance de la délégation le jour même.
Questions fréquentes
Conditions d’exercice
Les deux hypothèses de l'article 6.1 obéissent à des conditions différentes.
| Hypothèse | Condition | Avertissement préalable |
|---|---|---|
| Trois jours consécutifs sans excuse | Absence de motif valable et de signalement | Non exigé |
| Absences répétées | Répétition établie | Exigé, par écrit |
| Incapacité déclarée dans les délais | Avertissement le jour même, certificat au 3e jour | Licenciement interdit |
| Absence autorisée à l'avance | Autorisation préalable | Sans objet |
| Force majeure | Impossibilité de solliciter une autorisation préalable | Sans objet — annexe IV, 18.5.3 |
Modalités pratiques
L'absence injustifiée produit des effets au-delà de la rupture du contrat.
| Effet | Contenu | Source |
|---|---|---|
| Prime de fin d'année | Suppression totale | Annexe IV, 18.5.2 |
| Délai de confirmation | Par écrit, au plus tard avec le décompte du mois en cours | Annexe IV, 18.5.2 |
| Forclusion | Passé deux mois, l'absence ne peut plus réduire la prime | Annexe IV, 18.5.2 |
| Jour férié | Perte du paiement en cas d'absence sans permission la veille ou le lendemain | Article 24.4 |
| Jour férié | Même perte après plus de trois jours d'absence sans permission dans les 25 jours ouvrables précédents | Article 24.4 |
Pratiques et recommandations
Comptez trois jours de travail effectifs. Une absence qui enjambe un week-end, un jour de pont ou un jour férié reporté d'un commun accord ne totalise pas trois jours consécutifs au sens du texte.
Une seule absence non justifiée emporte 7 % du salaire annuel. La prime de 5 % et son complément de 2 % disparaissent en entier, ce qui dépasse de loin l'enjeu disciplinaire immédiat.
Le délai de deux mois de l'annexe IV se retourne contre l'employeur. Passé ce terme sans information écrite du salarié, l'absence ne réduit plus la prime, quelle qu'ait été sa gravité.
Cadre juridique
| Référence | Objet |
|---|---|
| Art. 6.1 CCT Bâtiment 2025 | Trois jours d'absence consécutifs sans excuse et absences répétées malgré avertissement |
| Art. 5.1 CCT Bâtiment 2025 | Information de la délégation de tout avertissement écrit |
| Art. 24.4 CCT Bâtiment 2025 | Perte du paiement du jour férié en cas d'absence sans permission |
| Annexe IV, 18.5.2 CCT Bâtiment 2025 | Suppression totale de la prime, confirmation écrite et forclusion de deux mois |
| Art. L.121-6 (1) et (2) du Code du travail | Avertissement le jour même et certificat au troisième jour |
| Art. L.124-10 (6) du Code du travail | Délai d'un mois pour invoquer les faits |
Note
Trois jours consécutifs sans excuse suffisent sans avertissement préalable ; des absences répétées en exigent un, par écrit. La suppression de la prime de fin d'année se prescrit au bout de deux mois faute d'information écrite du salarié.