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Quelles clauses obligatoires manquent à la convention du bâtiment ?

Réponse courte

Trois, au regard de l'article L.162-12 du Code du travail. Le texte coordonné 2025 ne comporte ni les modalités de lutte contre le harcèlement sexuel et moral et les sanctions afférentes, imposées par le paragraphe (3), point 4 ; ni les modalités d'application du principe de l'égalité de salaire entre hommes et femmes, imposées par le point 3 du même paragraphe ; ni un régime de droit à la déconnexion, sujet obligatoire de négociation depuis la loi du 28 juin 2023.

Ces absences n'affectent pas la validité du texte. Le paragraphe (1) de l'article L.162-12 n'assortit de la nullité que trois mentions — qualités des parties, champ d'application, entrée en vigueur, durée et dénonciation — que la convention comporte toutes.

La conséquence pratique est ailleurs : dans ces trois matières, la règle légale s'applique directement, sans relais conventionnel. Chaque entreprise du secteur doit les traiter à son niveau, avec la délégation du personnel, et pour la déconnexion sous peine d'amende administrative.

Définition

Les mentions obligatoires à peine de nullité sont celles du paragraphe (1) de l'article L.162-12. Leur absence entraînerait la nullité de la convention.

Les matières obligatoires des paragraphes (2), (3) et (4) doivent être traitées, mais leur omission ne frappe pas le texte de nullité : elle laisse subsister la règle légale.

Questions fréquentes

Ces absences entraînent-elles la nullité de la convention ?
Non. Seules trois mentions du paragraphe (1) de l'article L. 162-12 sont prescrites à peine de nullité, et la convention les comporte toutes.
Quelle conséquence pratique les silences de la convention produisent-ils ?
La règle légale s'applique directement, sans relais conventionnel : chaque entreprise doit traiter ces matières à son niveau, avec la délégation du personnel.
Quelles mentions obligatoires la convention respecte-t-elle ?
Les majorations pour travail de nuit d'au moins quinze pour cent — elle accorde 20 % — et les majorations pour travaux pénibles, dangereux et insalubres.
Quelles mentions obligatoires manquent à la convention du bâtiment ?
Trois : les modalités de lutte contre le harcèlement, celles de l'égalité de salaire entre hommes et femmes, et le régime de droit à la déconnexion.
Une quatrième obligation est-elle absente du texte ?
Oui. L'article L. 162-12 (5) impose de fixer les modalités des formations destinées aux salariés absents pour interruption de carrière, notamment après une maternité.

Conditions d’exercice

Les obligations de l'article L.162-12 se répartissent en trois séries.

Série Contenu État du texte
Paragraphe (1) — à peine de nullité Qualités des parties, champ d'application, entrée en vigueur, durée et dénonciation Présent
Paragraphe (2) Embauchage et congédiement, durée du travail, jours fériés, congés, système des salaires Présent
Paragraphe (3) 1. Majorations pour travail de nuit d'au moins 15 % Présent — 20 % à l'article 23.5
Paragraphe (3) 2. Majorations pour travaux pénibles, dangereux et insalubres Présent — article 19.1
Paragraphe (3) 3. Égalité de salaire entre hommes et femmes Absent
Paragraphe (3) 4. Lutte contre le harcèlement sexuel et moral et sanctions Absent
Paragraphe (4) 5. Droit à la déconnexion Absent

Modalités pratiques

Les autres sujets obligatoires de négociation du paragraphe (4) trouvent en revanche un écho dans le texte.

Sujet Traitement conventionnel
Organisation du temps de travail Articles 21 à 24
Politique de formation Article 28 et annexe II, article III
Maintien ou accroissement de l'emploi Article 8.1 et article 30.12
Égalité de salaire hommes-femmes Absent
Droit à la déconnexion Absent
Formation continue après interruption de carrière Absent du texte, obligation de l'article L.162-12 (5)

Pratiques et recommandations

L'absence de clause n'exonère de rien. Harcèlement, égalité salariale et déconnexion relèvent de textes directement applicables, dont deux sont assortis de sanctions : l'amende administrative de l'article L.312-10 et le régime probatoire de l'égalité de traitement.

Le règlement d'ordre interne est le seul véhicule disponible. L'article 29.8 permet d'y fixer des prescriptions avec la délégation : c'est là que s'organisent le signalement, l'enquête interne et la gradation des sanctions en matière de harcèlement.

Une quatrième obligation manque aussi au texte. L'article L.162-12, paragraphe (5), impose aux conventions collectives de fixer les modalités des mesures de formation continue destinées aux salariés absents pour interruption de carrière, notamment après une maternité.

Cadre juridique

Référence Objet
Art. L.162-12 (1) du Code du travail Mentions obligatoires à peine de nullité
Art. L.162-12 (2) du Code du travail Conditions de travail à déterminer
Art. L.162-12 (3) du Code du travail Majorations, égalité salariale et lutte contre le harcèlement
Art. L.162-12 (4) du Code du travail Sujets obligatoires de négociation, dont le droit à la déconnexion
Art. L.162-12 (5) du Code du travail Formation continue après interruption de carrière
Art. L.312-9 et L.312-10 du Code du travail Régime de déconnexion et amende administrative
Art. 29.8 CCT Bâtiment 2025 Règlement d'ordre interne

Note

Les mentions manquantes ne relèvent pas du paragraphe (1) et n'entraînent donc aucune nullité. Elles laissent la règle légale s'appliquer directement, à traiter au niveau de chaque entreprise.

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