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Les augmentations de salaire doivent-elles être répercutées aux intérimaires ?

Réponse courte

Oui, et sans délai. L'article L.131-13 (3) impose que les revalorisations de salaire appliquées en cours de contrat de mission au personnel permanent de l'entreprise utilisatrice soient notifiées à l'entrepreneur de travail intérimaire et rendues applicables sans délai au salarié intérimaire.

L'obligation se dédouble. La notification pèse sur l'utilisateur, seul à connaître les décisions prises pour son personnel. L'application pèse sur l'agence, seule responsable du versement du salaire et des charges sociales et fiscales s'y rapportant.

Le texte ne prévoit ni délai de carence, ni attente du renouvellement de la mission, ni régularisation à la fin du contrat. « Sans délai » signifie que la revalorisation prend effet pour l'intérimaire au même moment que pour les permanents, et le texte ne distingue pas selon l'origine de l'augmentation — décision unilatérale, accord d'entreprise ou convention collective.

Définition

La revalorisation vise l'augmentation appliquée au personnel permanent de l'entreprise utilisatrice pendant l'exécution du contrat de mission. Le texte ne distingue pas selon son origine : décision unilatérale, accord d'entreprise ou convention collective.

Elle se distingue de la fixation initiale du salaire, qui relève de l'article L.131-13 (1) et de la comparaison avec un permanent de qualification équivalente.

Questions fréquentes

L'origine de l'augmentation change-t-elle quelque chose ?
Non. Le texte ne distingue pas selon qu'elle résulte d'une décision unilatérale, d'un accord d'entreprise ou d'une convention collective.
Peut-on attendre le renouvellement de la mission ?
Non. Le texte ne prévoit ni délai de carence, ni attente du renouvellement, ni régularisation en fin de contrat : la revalorisation prend effet au même moment que pour les permanents.
Qui doit prévenir qui ?
L'utilisateur notifie à l'agence, seul à connaître les décisions prises pour son personnel ; l'agence applique, seule responsable du versement du salaire et des charges.
Qui paie le rappel si la revalorisation n'a pas été répercutée ?
L'agence, débitrice du salaire, alors même que le manquement vient de l'utilisateur. La répartition entre les deux entreprises se règle dans leurs relations contractuelles, pas à l'égard du salarié.
Une augmentation générale chez le client profite-t-elle aux intérimaires ?
Oui, sans délai. L'article L.131-13 (3) impose que les revalorisations appliquées au personnel permanent soient notifiées à l'agence et rendues applicables immédiatement au salarié intérimaire.

Conditions d’exercice

Trois conditions déclenchent l'obligation.

Condition Contenu
Bénéficiaires de la revalorisation Le personnel permanent de l'entreprise utilisatrice
Moment En cours de contrat de mission
Notification À l'entrepreneur de travail intérimaire
Application Sans délai au salarié intérimaire
Débiteur de la notification L'utilisateur
Débiteur du versement L'agence

Modalités pratiques

L'articulation avec les autres obligations salariales du dispositif.

Obligation Fondement Débiteur
Salaire au moins égal à celui d'un permanent Art. L.131-13 (1) L'agence, sur déclaration de l'utilisateur
Notification des revalorisations Art. L.131-13 (3) L'utilisateur
Application sans délai Art. L.131-13 (3) L'agence
Retenues fiscales et sociales Art. L.131-13 (2) L'agence
Décompte de salaire Art. L.125-7, par renvoi L'agence
Déclaration du salaire versé Art. L.131-21 L'agence, au ministre

Pratiques et recommandations

C'est l'écart le plus fréquent et le moins visible. Le salaire de référence a été correctement déclaré à la conclusion, puis une augmentation générale est intervenue chez l'utilisateur : rien n'oblige à en informer le salarié intérimaire, et l'écart ne se découvre qu'en recherchant activement l'information.

La notification n'a pas de forme imposée, ce qui n'en dispense pas. L'utilisateur qui décide une augmentation générale a intérêt à en informer ses agences dans le même mouvement que ses services de paie, faute de quoi il ne pourra pas établir avoir satisfait à son obligation.

Une revalorisation non répercutée alimente un rappel de salaire dont l'agence est débitrice, alors même que le manquement vient de l'utilisateur. La répartition des responsabilités entre les deux entreprises se règle donc dans leurs relations contractuelles, pas à l'égard du salarié.

Cadre juridique

Référence Objet
Art. L.125-7 du Code du travail Remise du décompte de salaire
Art. L.131-4 (2) du Code du travail Déclaration initiale du salaire de référence
Art. L.131-12, alinéa 2, du Code du travail Responsabilité exclusive de l'agence pour le salaire
Art. L.131-13 (1) du Code du travail Salaire au moins égal à celui d'un permanent
Art. L.131-13 (3) du Code du travail Notification et application sans délai des revalorisations
Art. L.131-21 du Code du travail Déclaration mensuelle du salaire versé

Note

L'obligation se dédouble : la notification incombe à l'utilisateur, l'application à l'agence. Le rappel de salaire qui résulte d'une revalorisation non répercutée est dû par l'agence, quand bien même le manquement viendrait de l'utilisateur.

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