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Quelles sont les obligations de chaque acteur du travail intérimaire ?

Réponse courte

Le Titre III répartit les obligations entre trois acteurs selon une logique constante : l'agence répond de ce qui relève du contrat de travail, l'entreprise utilisatrice de ce qui relève du lieu de travail, et le salarié dispose de droits qu'aucun accord ne peut réduire.

L'agence conclut les deux contrats, verse le salaire, opère les retenues, remet le décompte, déclare les missions au ministre chaque mois, et détient l'autorisation assortie d'une garantie financière. L'utilisateur déclare le motif, le poste et le salaire de référence, répond seul de la sécurité et des conditions de travail, ouvre l'accès aux installations collectives et consulte sa délégation avant tout recours.

La ligne de partage est celle de l'article L.131-12 : l'utilisateur est seul responsable de la sécurité et des conditions de travail, l'agence seule responsable du salaire et des charges. Chacun encourt en propre les amendes de l'article L.134-3.

Définition

La relation est triangulaire : deux contrats, trois parties. Le contrat de mise à disposition lie l'agence à l'utilisateur, le contrat de mission lie l'agence au salarié, et l'utilisateur n'a aucun lien contractuel avec ce dernier.

Cette architecture explique que l'utilisateur dirige le travail sans être l'employeur, et que l'agence soit l'employeur sans avoir accès au site.

Questions fréquentes

Comment résumer le partage des rôles en travail intérimaire ?
L'utilisateur répond du lieu de travail, l'agence répond du contrat de travail. L'article L.131-12 pose cette ligne : sécurité et conditions de travail d'un côté, salaire et charges de l'autre.
Et sur l'entreprise utilisatrice ?
Déclarer le motif, le poste et le salaire de référence, conclure le contrat de mise à disposition dans les trois jours ouvrables, répondre seule de la sécurité, ouvrir les installations collectives et consulter sa délégation.
Quelles obligations pèsent principalement sur l'agence ?
Détenir l'autorisation et la garantie financière, conclure les deux contrats dans les délais, verser le salaire et les charges, remettre le décompte, et déclarer chaque mois ses missions au ministre.
Quelles trois mesures concentrent l'essentiel du risque ?
Un contrat de mise à disposition par salarié dans les trois jours, l'absence de maintien du salarié après le terme, et la consultation préalable de la délégation, qui ne se régularise pas.
Quels chiffres retenir en priorité ?
Trois et deux jours ouvrables pour les contrats, trois, cinq ou huit jours travaillés d'essai, douze mois de durée maximale, deux renouvellements, et un délai de carence égal au tiers de la durée du contrat.

Conditions d’exercice

Les obligations de chaque acteur, avec leur fondement.

Acteur Obligation Article
Agence Autorisation ministérielle et garantie financière L.131-2, L.131-3
Agence Contrat de mission écrit sous 2 jours ouvrables, 20 mentions L.131-6, L.121-4
Agence Salaire, charges, retenues, décompte L.131-12, L.131-13
Agence Relevé mensuel au ministre dans les 8 premiers jours L.131-21
Utilisateur Contrat de mise à disposition écrit sous 3 jours ouvrables, 8 mentions L.131-4
Utilisateur Sécurité, hygiène, santé, conditions de travail L.131-12
Utilisateur Accès aux installations collectives L.131-15
Utilisateur Consultation préalable de la délégation L.134-1

Modalités pratiques

Les chiffres clés du dispositif, tous vérifiables dans le Titre III.

Donnée Valeur
Contrat de mise à disposition 3 jours ouvrables
Contrat de mission 2 jours ouvrables
Période d'essai 3, 5 ou 8 jours travaillés selon la durée du contrat
Durée maximale 12 mois, renouvellements compris, par salarié et par poste
Renouvellements 2 au maximum
Délai de carence Le tiers de la durée du contrat
Amendes 500 à 10 000 euros, et 251 à 5 000 euros par salarié
Interdiction d'exercer 1 à 10 ans

Pratiques et recommandations

Trois obligations concentrent l'essentiel du risque et se règlent par des mesures simples. Le contrat de mise à disposition doit exister pour chaque salarié, dans les trois jours ouvrables : un circuit de signature déléguée au site suffit. Le salarié ne doit pas rester sur place après le terme : rapprocher les dates de fin de mission des accès au site ferme cette porte. Et la délégation doit être consultée avant tout recours : la consultation est préalable par nature et ne se régularise pas.

Deux règles font l'échelle du risque plutôt que les montants affichés. L'amende est appliquée autant de fois qu'il y a de salariés concernés, et la requalification fait naître un contrat à durée indéterminée avec l'utilisateur dès le lendemain du terme, avec une ancienneté remontant au premier jour de mission.

Le salarié dispose enfin de droits que le dispositif protège spécifiquement : un salaire au moins égal à celui d'un permanent comparable, l'accès aux installations collectives, un congé annuel ouvert pour chaque mission, et la nullité de toute clause lui interdisant de se faire embaucher par l'utilisateur.

Cadre juridique

Référence Objet
Art. L.131-2 et L.131-3 du Code du travail Autorisation, garantie financière et durée du titre
Art. L.131-4 du Code du travail Contrat de mise à disposition, délai et huit mentions
Art. L.131-6 du Code du travail Contrat de mission, délai, présomption irréfragable et six mentions
Art. L.131-7 à L.131-11 du Code du travail Essai, terme, durée, renouvellements, requalification et délai de carence
Art. L.131-12 à L.131-15 du Code du travail Responsabilités, salaire, ancienneté et installations collectives
Art. L.131-16 à L.131-22 du Code du travail Rupture, contentieux, détachement, publicité et relevé mensuel
Art. L.132-1 à L.132-4 du Code du travail Prêt temporaire de main-d'œuvre
Art. L.133-1 à L.133-3 du Code du travail Mise à disposition illégale
Art. L.134-1 à L.134-3 du Code du travail Consultation, contrôle et sanctions

Note

La ligne de partage tient en une phrase : l'utilisateur répond du lieu de travail, l'agence répond du contrat de travail. Chacun encourt en propre les amendes de l'article L.134-3, sans que l'un puisse se retrancher derrière les manquements de l'autre.

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